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lundi 12 octobre 2015

Jeanne Lanvin


A l'occasion des 125 ans de la marque, cette première rétrospective parisienne rassemblait un patrimoine unique: les créations historiques de Lanvin, la maison de couture la plus ancienne existant encore aujourd'hui.

Née en 1867, Jeanne Lanvin, dès 13 ans, fait ses débuts dans la chapellerie, puis ouvre sa première boutique à Paris en 1889, avant de s'installer définitivement au 22 rue du Faubourg St Honoré à partir de 1893. En 1908, onze ans après la naissance de sa fille et muse Marguerite, elle décide d'inaugurer un nouveau "département" au sein de son activité, consacré entièrement au vêtement d'enfant.
 Adhérant au Syndicat de la couture l'année suivante, elle continue de développer d'autres lignes (robes de mariée, lingerie, fourrures, parfum, décoration, sport et même homme) tout en installant des succursales dans les hauts lieux de villégiature français (Deauville, Cannes, Biarritz, Le Touquet) et même à l'étranger (Buenos Aires). En 1923, Paul Iribe dessine le célèbre logo de la marque représentant la créatrice avec sa fille, qui sera plus tard apposé sur chaque flacon - de forme boule signé Armand Albert Rateau - d'Arpège, fragrance créée pour le trentième anniversaire de Marguerite en 1927. L'entreprise, prospère, emploiera ainsi plus d'un millier d'ouvrières à la confection et rivalisera par son succès avec celle de Gabrielle Chanel.

Si le contraste entre le classicisme de ses robes inspirées de la mode du 18ème siècle et d'autres, plus modernes, de style art déco, est parfois déroutant, on sent pourtant dans chacune de ses pièces une rigueur mêlée d'une originalité parfois surprenante. L'austérité presque religieuse de certains modèles côtoie ainsi harmonieusement les fantaisies de strass, de paillettes et de perles cousues unes à unes sur les tissus les plus précieux pour former des motifs scintillants et en relief, grâce à de subtils jeux de superpositions. Mode enfantine, costumes de théâtre, robes du soir bien sûr, sans oublier accessoires, échantillons et catalogues, laissent entrevoir un univers très varié œuvrant sur plusieurs registres, du plus léger au plus solennel.
On retrouve bien sûr le bleu "Quattrocentro" emprunté à Fra Angelico, teinte fétiche de Jeanne Lanvin, mais aussi le vert "Vélasquez", le rose "Polignac" (couleurs exclusives mises au point dans un atelier spécialisé fondé à Nanterre), ainsi que le bordeaux, le rouge corail, sans oublier l'or, l'argent, le blanc et le noir, qui soulignent toujours la silhouette avec distinction. Et puis surtout, ce qui frappe chez Lanvin, c'est cet art ciselé des broderies, des découpes, des assemblages, des surpiqûres et même des nervures, qui transforme soudain comme par magie les rubans croisés en treillages et les manches en feuilles...

De nombreuses photos de la couturière et de son atelier ainsi que des séries de dessins de l'époque illustraient un magnifique parcours riche en émotions réalisé avec l'aide de la maison Lanvin et d'Alber Elbaz, son directeur artistique actuel.

Plus d'informations ici:
http://www.palaisgalliera.paris.fr/fr/expositions/jeanne-lanvin
Et aussi là:
http://125ans.lanvin.com:8001/

mardi 1 octobre 2013

Alaïa

Affiche de l'exposition.

Couturier hors norme ayant su cultiver son indépendance autant que sa discrétion, Azzedine Alaïa est aujourd'hui un des rares grands créateurs qui maîtrise l'ensemble des étapes de fabrication d'un modèle, du patron à la coupe en passant par le surfilage. Vêtu le plus souvent du costume traditionnel chinois bleu indigo ou noir à col Mao, ce génie du sur-mesure aux multiples facettes étonne, surprend, mais reste toujours d'une élégance incroyable.
 
Inspirées par les plissés de Mme Grès, par l'histoire de la mode, mais aussi beaucoup par l'Afrique (Alaïa est né à Tunis), ses collections, dont certaines des plus belles pièces sont exposées en ce moment au Musée Galliera, affirment une ligne sobre, avant-gardiste et souvent ethnique taillée à même le cuir, le stretch ou la laine, telle une seconde peau.
 
Fermetures éclairs (les fameux "zip") en biais, vestes monumentales très eighties couvertes de petits coquillages exotiques ou robes longues plus classiques en mousseline de soie fumée, chaque création est ainsi idéalement mise en valeur grâce à un éclairage ciblé et des mannequins transparents découpés par endroits suivant la forme des vêtements, supports qui disparaissent alors à la vue comme par magie.
 
Quelques modèles d'exception (par leurs dimensions et le travail peu commun qu'ils ont nécessité) sont présentés au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris situé juste en face à l'intérieur du Palais de Tokyo, dans la spacieuse salle Matisse, leur noir contrastant agréablement avec les couleurs lumineuses des œuvres du peintre et la blancheur de la pièce. Cette disposition originale rend compte de cette façon du caractère sculptural des réalisations d'Alaïa, subtile réminiscence de l’École des Beaux Arts de Tunis qu'il fréquenta à ses débuts.
 
Aujourd'hui le couturier continue de créer, toujours chez lui, dans son atelier, mais à son rythme, puisqu'il décida dès 1987 de ne plus suivre le calendrier officiel de la Haute Couture parisienne. En ceci également il est unique: c'est en effet le seul à avoir osé refuser la frénésie imposée d'un renouveau perpétuel. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir du succès! Une manière d'éviter tout gaspillage, de résister à l'aspect trop éphémère et peu qualitatif de la société de consommation...


Azzedine Alaïa, comme semi-enveloppé dans l'un de ses modèles.

Site du musée Galliera:
http://palaisgalliera.paris.fr/expositions/alaia

 Site du Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris:
http://www.mam.paris.fr/

Site du créateur (en construction):
http://www.alaia.fr/

samedi 15 juin 2013

Paris Haute Couture

Affiche de l'exposition; robe longue en satin de soie vieil or et fine ceinture ornée d'une boucle couverte de strass blancs, Madeleine Vionnet, vers 1931.

Tout commence par un croquis, un patronage, des petites mains qui s'affairent autour de la toile préparatoire à l'aide de grands ciseaux, d'aiguilles et de mètres rubans. En noir et blanc, photos et films anciens nous plongent dans cet univers fantastique dont le couturier est roi et où le tissu fait l'objet de toutes les folies.
La coupe déterminée, viennent les travaux les plus minutieux: broderies de perles, sequins ou plumes, encore cousues une par une dans le célèbre atelier Lesage, mais aussi plissages plus ou moins sophistiqués, réalisés chez Gérard Lognon à l'aide de cartons pliés façon origami ainsi que d'une étuve. Les échantillons se bousculent alors, chacun se distinguant par ses nuances de couleurs, ses dégradés et ses assemblages spécifiques.
Puis, dans la pénombre magique, indispensable à la conservation de ces œuvres d'art précieuses mais fragiles, une grande galerie rassemble certaines pièces parmi les plus mémorables de l'histoire de la Haute Couture, de Worth à Azzedine Alaia en passant par Paul Poiret, Madeleine Vionnet, Mme Grès, Gabrielle Chanel, Christian Dior, Yves Saint Laurent, Pierre Cardin ou encore Thierry Mugler... L'ensemble scintille de mille feux et vaut la visite (gratuite)...

http://www.paris.fr/haute-couture

mardi 19 juillet 2011

Défilé Martin Raffa haute couture automne hiver 2011-2012



Première collection haute couture pour Martin Raffa: une entrée dans la cour des grands sous le signe de l'élégance art déco et dans un silence qui laisse parler les pierres du Conservatoire des Arts et Métiers. Motifs et graphismes 1930, inspiration samouraï et contrastes intenses au rendez-vous. Pour les couleurs, on retiendra le blanc et le rouge, celles du drapeau japonais ainsi que des noirs d'encre tirant parfois sur le bleu nuit ou le violet aubergine, teintes qui rappellent les habits des guerriers nippons. Matières nobles à l'honneur: fourrure, soie, sequins... Voilà qui s'associe parfaitement avec les bijoux de Nathalie Sévikian, réalisés dans le Marais exclusivement à l'aide de matériaux précieux (argent, or, diamant, bois d'amourette, etc). Joaillerie à laquelle répondent bien sûr les accessoires, de par leurs courbes et leur éclat métallique. Côté maquillage, on adopte un rouge écarlate sur les lèvres tandis que le reste du visage se voit paré d'une poudre pâle presque blanche mettant en valeur sa pureté, à la manière des geishas. La suite à découvrir ci-dessous...



En bref:
première présentation,
tout en blanc, la mariée
puis vue générale.
deuxième présentation,
avec Dexter Dex Tao, en musique cette fois,
et final avec Martin Raffa.
Dernière image: le décor du 292 rue Saint Martin (Paris 3ème).



L'argent scintille sur un fond bleu, nocturne et vaporeux...


Robe de soie rouge aux voiles figurant des flammes ondoyantes...


La même, de dos...



Délicate mousseline noire...

qui laisse entrevoir ses motifs de plumes géométriques et stylisés...


..à la lumière du jour.


                                   






































Tailleur en crêpe de laine, jupe sirène taille haute...

Ondulations de soie sur soi!


Avec Nathalie Sévikian, Martin Raffa... et Dexter Dex Tao.



http://www.martinraffa.com/                          http://www.nathaliesevikian.com/

dimanche 17 juillet 2011

Red carpet for Jean-Paul Gaultier

Quelques photos d'ambiance du défilé Gaultier haute couture automne hiver 2011-2012 (prises au vol alors que j'étais partie pour découvrir la collection Martin Raffa présentée... juste en face):


Rue Saint-Martin bloquée, appareils métalliques divers dispersés un peu partout et public nombreux : l'événement est bien sûr de taille.


Du coup on peut grimper sur tout ce qu'on trouve, et c'est même recommandé si on veut espérer avoir une vue dégagée...


Un immense tapis rouge est prêt à accueillir les talons des mannequins...


...qui sortiront bientôt de l'hôtel particulier occupé par Jean-Paul Gaultier situé à proximité.


On apprécie l'initiative du créateur pour ce défilé en extérieur, visible de tous, salué par quelques gouttes de pluie heureusement passagères...


...et même par les avions du 14 juillet en préparation!


Évidemment, le défilé ne se limite pas au "catwalk": de jolies spectatrices au look très étudié ajoutent un charme supplémentaire aux lieux.


Dernière pose...


Contraste des matières et des couleurs, allure et originalité :


on reconnaît bien la griffe Gaultier!

Pour voir l'ensemble de la collection, cliquer ici:

mardi 31 mai 2011

Hommage à Yves Saint Laurent pour le 1er juin

Né à Oran l'Orientale,
tu as été petit prince de Dior,
grand ami de Bergé,
créateur sans limites.
Marqué par le théâtre de Jouvet,
tu liais toujours costume de scène
et haute couture.
Tu as donné le smoking aux femmes
et avec, liberté et pouvoir.
Tu as dit "j'aime le noir" et aussi
"mon arme est le regard
que je porte sur mon époque".
Tu as créé dans la mode
un inoubliable parfum de scandale,
et tu savais jouer habilement
de la provocation pour plaire davantage,
et ce malgré ta grande timidité.
Tu fus le premier à oser la femme noire,
de peau ou de blouse translucide.
Tu disais détester la mode, et tu la sublimais.
Tes initiales sont éternelles et incontournables:

YSL
 À travers ce calligramme se dessine la silhouette d'une robe...