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mardi 26 juin 2012

La Magnanerie de Coudray (49)


Chenilles du Bombyx du mûrier en plein repas.

Installée dans une ancienne carrière de tuffeau, la magnanerie troglodytique de Coudray (Maine et Loire) abrite un élevage de deux espèces de "vers à soie":

Les mêmes, un peu plus tard...

- la chenille du Bombyx du mûrier, pour faire son cocon, tisse un seul fil continu d'environ 1km de long. Ce cocon peut s'utiliser comme une bobine, qu'on dévide pour le réunir avec au moins trois autres pour obtenir un fil plus solide. Pour la voir se déplacer, cliquer ici: http://www.dailymotion.com/video/xrs3w8_chenille-de-bombyx-du-murier_animals

Le petit papillon, tout blanc et tout duveteux!

Si la chenille paraît très grosse à son dernier stade de développement par rapport au papillon, c'est qu'elle accumule un maximum de réserves avant de filer son cocon pour la métamorphose, deux étapes qui l'épuisent et la vident.

Chenille Tussah, qu'on différencie aisément grâce à ses piquants..

- La chenille Tussah (ou Tussor), elle, tisse un cocon avec une ouverture et il faut donc le "carder", pour réunir les multiples brins afin d'en faire un fil. Avec cette espèce on obtient la soie dite "sauvage", reconnaissable à ses irrégularités. Elle est généralement un peu plus rigide que celle issue du cocon du Bombyx du mûrier. Pour découvrir la petite bête en vidéo, cliquer ici: http://www.dailymotion.com/video/xrs4v6_chenille-tussah-pour-la-soie-sauvage_animals

Le papillon, fraîchement sorti de son cocon.

En revanche, le papillon est plus grand, plus gracieux, et de plus, contrairement au Bombyx du mûrier il n'est pas nécessaire de tuer les animaux lors de leur métamorphose puisque c'est un cocon ouvert et discontinu.

La visite des lieux, vivante, ponctuée d'humour et d'histoires plus vraies que nature vaut le détour! Plus d'informations ici:  

vendredi 11 mai 2012

La Maison des Canuts de Lyon 1

Pébrine; cartons Jacquard... :

Située dans le quartier historique de la Croix Rousse à Lyon, la Maison des Canuts propose de découvrir l'univers des ces producteurs de soie, de l'entretien des mûriers dont la chenille du Bombyx mange les feuilles à l'élaboration de textiles richement décorés en passant par l'élevage desdits animaux.
L'"entrée en matière" se fait aisément grâce à une courte vidéo présentant les différents stades de développement de l'insecte: œuf, larve, cocon et enfin papillon si on laisse la métamorphose se réaliser. A ces étapes se superposent cinq mues, dont une a lieu dans le cocon. 
Ensuite, le petit film résume les principales étapes de transformation nécessaires à l'élaboration du fil et des étoffes de soie, les régions de France concernées par la production (Lyon, ses environs et le Sud-Ouest) pour des raisons autant géographiques (douceur du climat) qu'historiques (de Louis XI à Napoléon, plusieurs décrets encouragèrent l'implantation et le développement de la sériciculture dans la région lyonnaise).



Puis très vite, le petit musée rend hommage aux recherches efficaces menées par Louis Pasteur pour lutter contre la pébrine, maladie mortelle, contagieuse et héréditaire ayant ravagé les élevages en 1855. Ci-dessus, matériel nécessaire au "grainage cellulaire", méthode mise au point par le savant, mise en place à partir de 1869, permettant de distinguer les animaux sains de ceux atteints par la maladie. Les œufs issus des Bombyx femelles non atteints sont regroupés en onces (quelques grammes) dans les boîtes circulaires et vendues comme "graines" certifiées non contaminées. 



Les chenilles en bonne santé ayant filé leur cocon dans des branchages de bruyères mis à leur disposition, on défait les cocons des branches (décoconnage), on les trie soigneusement et on les plonge dans l'eau bouillante afin de les dérouler. On réunit alors plusieurs fils en un plus épais. Il faut ensuite peser ces fils, afin d'examiner leur "titre",  leur épaisseur à l'aide d'instruments comme ici, sans oublier les étuves.



 Une fois la qualité et la densité du fil vérifiée, on utilise divers métiers pour assembler fils de trame d'une part, et fils de chaîne d'autre part, pour former différents tissus. Ces métiers sont à bras jusqu'au 19ème siècle et évoluent assez peu jusqu'à l'invention du carton Jacquard, dont est équipé le métier ci-dessus. Cette innovation soulage les ouvriers de tâches très éprouvantes et permet d'augmenter le rendement.



Mais avant de passer au métier à tisser, les fils de soie sont préalablement organisés et méthodiquement préparés avec un cantre (au premier plan sur la photo), un ourdissoir (au fond à droite) et des mécaniques rondes (au fond à gauche).



 Quant au rouet (ici au centre), il est à la base du filage de la soie issue du cocon.



Les métiers Jacquard nécessitent une très grande hauteur sous plafond (environ quatre mètres!) et les cartons, uniques, créés à chaque nouveau motif, sont très longs (plus d'un kilomètre!).



Mais le résultat est si précis et si efficace pour l'époque que la technique sera rapidement adoptée, dès 1815. Ici un exemple de velours ciselé rouge aux motifs floraux.



Tous ces appareils très complexes et délicats à manipuler ne sauraient fonctionner correctement ni produire de belles étoffes sans ces quelques outils indispensables :



peignes, navettes, instruments de mesure, rabots, ciseaux... Les canuts peuvent ainsi, manuellement, rectifier des erreurs, remettre en place des fils ayant glissé, les couper avec précision, mesurer les longueurs réalisées ou changer de fil...



Quant aux canettes de soie, elles permettent de garder des longueurs de fil prêtes à servir, sans qu'elles s'emmêlent.

Plus d'informations ici:
http://www.maisondescanuts.com/

jeudi 5 janvier 2012

Sericulture: inside the magnanery

Voici un article issu d'un numéro de la revue "Lectures pour tous" datant de 1903, expliquant les différentes étapes de l'élevage des chenilles, indispensables à l'élaboration de la soie naturelle. Bien sûr, les connaissances ont aujourd'hui un peu évolué, mais l'ensemble conserve une base juste ainsi qu'une certaine saveur: à la fois poétiques, sensibles et didactiques, ces quelques pages offrent un bon aperçu des compétences de l'époque.
On note au passage la présence d'une variante de l'antique légende chinoise, de descriptions précises et parfois amusantes, d'une évocation des débuts pas encore très au point de la "soie artificielle", rayonne (ou viscose) issue de la cellulose du bois, actuellement davantage employée dans la confection et enfin d'un résumé de ce qui sera à l'origine de recherches scientifiques plus récentes concernant le fil d’araignée, l'halabe de Madagascar, voir à ce sujet: http://www.baladesentomologiques.com/pages/TISSU_EN_SOIE_DARAIGNEE_CE_NEST_PAS_UN_MYTHE-962530.html.




















Remerciements (et joyeux anniversaire) à: http://jacquelinewaechter.blogspot.com/

mardi 3 janvier 2012

Silk logo in "La Mode du Jour"

Crédit photographique: Jacqueline W.

Ce petit dessin, retrouvé par une lectrice dans un numéro de "La Mode du Jour" datant de janvier 1936 résume à lui seul ce qui a été longtemps une référence en matière de soie: les fabriques de Lyon. D'où cette chenille sur sa feuille de mûrier (symbolisant les élevages de ces petits animaux appelés improprement "vers") tissant un ruban tenu à l'autre bout par un lion, emblème de la ville des célèbres canuts.


En tout cas, quel dommage qu'un si joli logo, qui ressemble d'ailleurs à celui de l'entreprise "Au Ver à Soie", n'apparaisse plus sur la lisière des étoffes en soie d'aujourd'hui!