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mercredi 30 avril 2014

Chaussons de soie!



Envie de (re)découvrir les véritables chaussons traditionnels chinois ?


    Extérieur en soie brodé à la main de fleurs et/ou d'animaux,


intérieur en cuir tout doux,


c'est chez Suzhou!


Et pour commander, c'est par ici:


mardi 12 mars 2013

Le travail artisanal de la soie: un art en voie de disparition?

Détail d'une broderie en soie sur une veste du peuple Miao (Chine); Musée du Quai Branly.

 Face aux industries de textiles en majorité synthétiques, les petits producteurs de fibres naturelles (laine, coton, soie...) semblent avoir bien du mal à continuer d'exister, d'autant que la crise économique ne leur facilite pas la tâche: la main d'œuvre étant coûteuse, et l'ensemble des frais de fabrication augmentant, le prix des étoffes s'envole. Et si certains clients, même encore aujourd'hui, ne regardent pas à la dépense, ils sont de plus en plus minoritaires. De plus, encore faut-il que ces acheteurs préfèrent les matières naturelles, ce qui est loin d'être toujours le cas, tant sont vantés les "avantages" des tissus synthétiques depuis qu'ils existent. Conséquence: les petites et moyennes entreprises ne pouvant rogner sur leurs dépenses liées à leur production se voient dans l'obligation de fermer faute d'être payées suffisamment. Ensuite suivent les magasins "à l'ancienne", vendant soit du tissu de qualité au mètre soit des vêtements traditionnels de différentes cultures du monde, qui comme leurs fournisseurs, disparaissent les uns après les autres, leurs patrons prenant souvent leur retraite, et le commerce étant alors transformé pour des produits n'ayant plus rien à voir (prêt-à-porter bas de gamme, articles pour touristes, sandwicherie...).

Fleurs en soie japonaises; chrysanthèmes Setsuko Yamashita et roses Hikosaburo Oda (bisou Japon).

Tout ceci touche particulièrement les producteurs et boutiques asiatiques, dont l'une des plus belles spécialités était le travail de la soie. Il existe bien quelques associations telles Amour de soie proposant des articles en soie à la vente en Occident pour aider les familles d'Asie du Sud Est à vivre décemment de leur travail artisanal, mais ces objets restent un peu "anecdotiques" comparé à ce qui se faisait là-bas autrefois: en dehors du sempiternel foulard ou des quelques accessoires type pochette ou masque de nuit, il est bien difficile de trouver des pantalons, des gants ou des chaussons brodés en soie! C'est fort dommage, car ce sont des savoirs-faire ancestraux qui ne se transmettent plus, et avec, l'"âme" de peuples millénaires qu'ils véhiculaient. Ainsi, on peut constater chaque jour, sur place ou en visionnant des documentaires que même dans les régions les plus reculées du globe (Tibet, Sahara...), les gens s'habillent avec des vêtements issus de l'industrie textile (pour les plus pauvres "récupérés" dans les poubelles des citadins...), abandonnant les costumes traditionnels que portaient leurs ancêtres. Il n'y a plus guère que lors de certaines fêtes (religieuses, mariages...) que les habits anciens revoient le jour, et là encore, les coutumes locales cèdent de plus en plus leur place à des "déguisements" modernes comme on en trouve communément pour le carnaval.

Chaussons de soie chinois sur fond de tissus teints à l'indigo; Objets du Monde.

Si les mérites du synthétique sont indéniables dans certains domaines (imperméables par exemple..), il ne faudrait pas qu'il n'y ait plus que ça! Car les inconvénients sont également très nombreux: problèmes écologiques, allergies graves, sensibilité de la peau... Sans parler du fait que si rien ne change, les ouvrages textiles artisanaux ne seront bientôt plus visibles qu'à travers les vitrines des musées du quai Branly, Guimet ou Cernuschi, à condition seulement que ceux-ci existent encore!!
Il paraît donc indispensable de rétablir un "équilibre" en relançant le travail des tissus naturels, et ce dans des conditions plus acceptables pour la santé des fabricants comme des clients. Par ailleurs vu le gaspillage qu'il y a ici et là, il faut donc "produire moins mais mieux". Problème numéro un: le prix. Mis à part certains clients très aisés, personne ne veut payer plus cher, producteurs comme acheteurs. Problème numéro deux: la nécessité de "rééduquer" le goût des gens, à savoir de leur faire (re)découvrir les qualités des choses plus naturelles et artisanales, qui, si elles sont produites dans de meilleures conditions écologiques et humaines, "soignent" aussi bien le corps que l'esprit. C'est dans cette optique que s'inscrit Manunews. Et idéalement, j'aimerais faire plus encore: contribuer directement à faire connaître et à diffuser le travail ancestral de la soie en Asie (filature, teintures et broderies traditionnelles).

vendredi 30 décembre 2011

Sweet like a silk pompom...

Voilà plusieurs mois déjà que je n'avais plus arpenté le principal quartier japonais de la capitale, situé dans les 1er-2ème arrondissements, derrière l'Opéra... 
Bien sûr j'ai eu le plaisir de retourner dans des magasins à l'esthétique raffinée comme Cool Japan, qui propose entre autres des créations de chez Aoï Clothing mais aussi des kotatsus anciens (sans chaufferette évidemment) qui donnent ceci dit un bel aperçu de ce à quoi ressemblait un tel meuble au début du XXème siècle.
J'ai aussi retrouvé par la même occasion Marugen, qui a élargi son choix de vêtements et accessoires...
Et j'ai même découvert une nouvelle boutique, ouverte récemment: Bukiya, au 12 rue Ste Anne, où l'on peut se procurer sabres d'ornement, éventails, getas, kimonos, obis, petits services de porcelaine... Mieux encore, ils proposent de splendides sculptures en dentelle de bois, et même des étoffes de soie teintées de pourpre véritable (attention, compter un budget assez important pour ces derniers articles rares et nécessitant un savoir-faire quasi tombé dans l'oubli).

Pour autant, ces nouveautés, aussi délectables soient-elles, ne sont pas le véritable motif de ce post; non, pour tout dire, j'ai eu une grande émotion en osant entrer pour une fois chez Objets du Monde. Vous avez deviné, un des seuls commerces non japonais du secteur, ouvert il y a une trentaine d'années, fournisseur de nombreux antiquaires spécialisés dans l'art exotique (Afrique et Asie) de qualité et de valeur.

Dans la grande salle du fond, ambiance ethnique chic et tentures indigo...

C'est un endroit assez unique en son genre, puisqu'il est à la fois lieu d'exposition de pièces souvent dignes de figurer dans les musées et lieu de vente de ces mêmes objets.

Au premier étage consacré à l'artisanat chinois, chaussons de soie, coupons anciens et jupe de coton plissée à la main.

Crise ou pas, l'enseigne est toujours à la hauteur de son succès, qui est réel, inaltérable comme les marbres, les laques ou même les textiles qui y sont présentés.
Et l'état d'esprit de la maison y est sûrement pour quelque chose. En effet, quoi de mieux que de maintenir la qualité des articles, d'en prendre autant soin et de les disposer si harmonieusement?

Mais sans plus attendre, voici la source de mon émerveillement:


extraordinairement bien conservée, cette couronne du Nord de la Chine est un témoin fragile et coloré d'une riche culture régionale aujourd'hui presque disparue.


Cette incroyable coiffe est composée de pompons et filaments de soie multicolores, roses en tissu minuscules, perles dorées, sphères en verre soufflé renfermant du cinabre et surtout d'une structure métallique entièrement recouverte de plumes de martin-pêcheur turquoises (si, si):


En tout cas, si ses pompons vous chatouillent, n'hésitez pas à venir l'admirer au 50 rue St Anne... Informations pratiques ici:
Note: le site propose également des voyages entièrement personnalisables, cliquez ci-dessous pour en savoir plus