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lundi 30 septembre 2019

Toutankhamon - Le trésor du pharaon


Bientôt 100 ans!

Des places limitées et assez onéreuses à réserver longtemps à l'avance sur internet, une longue file d'attente à l'entrée chaque jour, nul doute que le célèbre roi égyptien vaut encore son poids en or, y compris dans l'esprit de nos contemporains du monde entier!

Étalée au cœur de la Grande Halle de La Villette (il aurait mérité le Louvre, mais ce dernier devait sans doute manquer de place...), l'exposition plongeait peu à peu le visiteur dans l'ambiance, à grand renfort de mise en scène, le tout encadré de sollicitations mercantiles parfois un peu "limite" (photographe proposant des clichés - souvenir sur fond de Vallée des Rois à l'entrée, projection panoramique du lieu de la découverte entrecoupée de publicités dès l'entrée, salle remplie d'articles pour touristes à la sortie...).

Autre bémol: malgré les tentatives de régulation des flux, beaucoup de monde envahissait les lieux, à tel point qu'il fallait souvent faire la queue pour approcher les vitrines, et ce presque dans le noir (à déconseiller si vous êtes agoraphobe...). Mais il faut reconnaître que les meubles, objets et bijoux présentés, de par leur incomparable beauté, méritent qu'on vienne ainsi les admirer!

On progresse donc parmi le fabuleux trésor d'un roi, qui, décédé prématurément des suites d'un accident de chasse, fut maudit par ses successeurs, puis oublié pendant plus de 3000 ans sous terre, avant de ressurgir un jour de novembre 1922, grâce aux efforts assidus d'Howard Carter et de son équipe.

Sur près de 6000 objets soigneusement répertoriés et extraits du tombeau par les égyptologues, seuls 150 ont été sélectionnés pour cette ultime exposition itinérante à travers le monde. Bien sûr, les connaisseurs regretteront l'absence de certaines pièces emblématiques tels que le masque en or massif, le grand trône doré, et surtout la momie elle-même, en raison de leur trop grande fragilité.

Ceci étant, pour ceux qui le peuvent, rendez-vous au Caire, sur le plateau de Gizeh, dans le futur Grand Musée égyptien, actuellement en construction, où l'intégralité du trésor sera exposée pour la première fois...

Il faut croire que les rituels magiques de momification effectués en vue d'aider le pharaon à atteindre l'immortalité aient été particulièrement efficaces, car le succès de cet événement auprès du public, équivalent à celui de 1967, prouve que son nom est plus vivant que jamais!

Plus d'informations ici:
https://lavillette.com/programmation/toutankhamon_e185

mardi 26 mars 2019

Le réveil de la momie


En marge des manifestations des gilets jaunes, des casseurs ont osé briser la vitre...


..ne songeant sans doute pas à qui ils redonneraient soudainement Vie!

dimanche 21 avril 2013

Le Louxor a rouvert ses portes!




Avec ses frises en mosaïque et ses vitraux aux motifs de lotus, ce cinéma parisien m'a toujours fait rêver: situé en plus dans un quartier à l'ambiance plutôt orientale (Barbès), il me transportait, rien que par son ornementation unique, vers l’Égypte et ses palais antiques couverts de dessins stylisés si esthétiques. Durant toutes les années de son abandon, un peu comme un descendant des pharaons pourrait regretter la splendeur des monuments du passé, chaque fois que je regardais la fameuse façade, je ne pouvais m'empêcher de penser avec nostalgie: "ah, si seulement il était remis un jour en état...". C'est chose faite!! Je n'y croyais plus. Mais grâce à la ténacité de Monsieur Bertrand Delanoë, les travaux commencés après le rachat en 2003 ont pu être menés à bien pour le plus grand plaisir de nos yeux. On remarquera à ce titre avec bonheur, que malgré la modernisation indispensable du bâtiment pour accueillir de nouveaux spectateurs, le style et tous les éléments décoratifs d'origine (signés de l'architecte Henry Zipcy en 1921) ont été très fidèlement restaurés et remis en place...
Alors bravo Monsieur le Maire!



Site officiel du cinéma:




Site des Amis du Louxor:




Autre site internet sur le cinéma:




Exposition à la Mairie du 10ème:




Article consacré au Louxor sur le site de la Mairie de Paris:




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jeudi 27 septembre 2012

Cheveux chéris

"frivolités et trophées"??

Bruns, roux ou blonds, raides, souples ou frisés, longs, courts ou rasés, organisés, libres ou en désordre, les cheveux s'exposent au musée du Quai Branly. Du superficiel au tragique, on navigue à travers le monde et les siècles, entre une coquetterie plutôt niaise voire extravagante et un fétichisme assez repoussant, voire insoutenable. Matière organique humaine malléable, mi-vivante mi-morte, le cheveu est à la fois un puissant et fragile symbole de vie, dont la perte est associée au deuil. Mais imputrescible, il se révèle un support de l'aura de son propriétaire (ce qui permet de garder sa mémoire) autant qu'un fil nous reliant à l'au-delà...
Or ne dit-on pas que "la vie ne tient qu'à un fil"?
Voici donc les œuvres pour lesquelles j'ai eu un vrai "coup de cœur", notamment pour leur caractère sacré, positif ou émouvant. Une façon de quitter la matière organique et d'opérer ainsi, dans le sens inverse de celui de l'exposition (vie --> mort), une agréable re - naissance...


UTILISATIONS

Elles sont très diverses: simple ornement, objet rituel, support de mémoire...


1 - comme ornement:

Dans de nombreux pays, en Océanie, en Amérique, en Afrique, en Asie ou même en Orient, les cheveux sont employés comme éléments de parure: les mèches sont cousues sur des coiffes, des accessoires ou même des bijoux...


Parure de femme juive; cheveux, soie et fils dorés; Ouzbékistan, Boukhara, 20ème siècle.
 
 Ici les cheveux se confondent aux fils de soie et d'or..


Idem, détail.

 Là, ils se mêlent à des perles turquoises, couleur porte-bonheur...


Coiffe de femme en cheveux, laine, coton, perles et filet métallique; Inde, Ladakh, 20ème siècle.


2 - comme objet rituel:

 La coupe des cheveux étant très liée aux rites de passage, les mèches sont placées sur les objets rituels, matérialisant l'accession à un nouveau statut tout en conservant le souvenir de l'ancien.


Détail d'une coiffure en cheveux, fibres végétales, plumes et coquillages; Papouasie Nouvelle Guinée.

 Chez les Papous, après leur initiation à l'indépendance, les hommes se parent d'une grande coiffe arborant cheveux et symboles de virilité;


Chapeau en fibres végétales, cheveux, coquilles; Indonésie, Kalimatan, 19ème siècle.

 tandis qu'en Indonésie, on protège les nouveaux-nés du soleil avec un immense chapeau de paille tressé, orné de petites mèches et de coquillages.


3 - comme support de mémoire:

les "ouvrages en cheveux", très aimés à la période Romantique (19ème siècle), constituent un souvenir "vivant" faisant parfois l'objet d'un véritable culte,


Bracelet de la reine Hortense en cheveux tressés, turquoise et or; 19ème siècle.

 qu'ils soient bruns ou blonds,


Médaillon en or et verre contenant des cheveux de la reine Marie-Antoinette et du Dauphin.

 portés en bracelet ou en médaillon...



COIFFURES DE CHEVEUX LONGS EN PHOTOS

Ces quelques clichés mettent en évidence les différents sens que peut prendre le port d'une longue chevelure chez une femme: deuil, sensualité, maîtrise ou lumière...


1 - le deuil:

A Madagascar, lorsqu'une femme merina perdait un membre de sa famille, la coutume voulait qu'elle se laisse pousser les cheveux. En Europe, c'est plutôt le contraire: tradition héritée de l'antiquité grecque, on les cache, à la mort d'un être cher, en les voilant et/ou en les coupant. Dans les deux cas, il s'agit de cesser d'être attirante et de laisser de côté pour un temps des préoccupations trop futiles en regard de l'évènement funèbre..


Femme merina en deuil, photographie, Madagascar, 1880-1909.


2 - la sensualité:

libres, les cheveux longs expriment la féminité et le toucher. Pour autant, les femmes qui portent cette coiffure ne cherchent pas nécessairement à plaire aux hommes, ce choix pouvant être parfois purement esthétique..


Métisse tagalo-chinoise, photographie, Philippines, 1870-1885.


3 - la maîtrise ?

ici, le chignon pourrait laisser croire que la féminité est maîtrisée, le peigne retenant les cheveux. Pourtant, une délicate sensualité s'échappe du cou... On remarquera au passage l'analogie entre les cheveux enveloppant le peigne et les plis du tissu enveloppant le corps de Marie Laurent.. De l'art de séduire sans en avoir l'air...


Marie Laurent de dos photographiée par Nadar, 1856.


4 - la lumière:

angéliques, les cheveux blonds semblent auréoler sa propriétaire tels des rayons solaires. Idéalisés dans les légendes celtes et nordiques, symboles de pureté, leur part d'ombre serait-elle inexistante? Pourtant l'Histoire ne manque pas d'exemples inhumains à ce sujet... De quoi réfléchir et méditer longuement en regardant la composition de l'affiche de l'exposition...


Suzanne Cloutier, photographie, 20ème siècle.



REPRÉSENTATIONS EN SCULPTURE

Avec la peinture, la sculpture s'éloigne de la réalité du cheveu, pour le styliser et l'immortaliser. Pudeur, pureté sacrée ou substitut?


1 - la pudeur:

Les longs cheveux recouvrant les parties intimes du corps expriment la pudeur. Sur cette statue de Marie Madeleine, ils l'habillent comme une fine robe soyeuse et ondulante protégeant son corps tout entier des regards comme de l'agitation vaine des hommes.


Sainte Marie Madeleine, dite aussi "Marie l'égyptienne", 14ème siècle, France.


Idem, de dos. En arrière plan, on aperçoit les peintures de trois rois de France portant barbe et longue chevelure...


2 - la pureté:

Alors que l'entrée en religion peut se traduire par le fait de laisser pousser ses cheveux à l'infini comme ci-dessus, elle peut aussi, à l'inverse, être signifiée par des cheveux cachés, coupés ou rasés. Dans tous les cas, il s'agit de marquer une frontière entre sacré et profane, de manière à conserver sa pureté...


Prêtre d'Isis chargé de porter l'eau sacrée, sculpture en bronze, Égypte, Erment, 2ème - 1er siècle avant J.C.


3 - le substitut?

Que faire quand on n'a pas ou plus de cheveux, ou que des maladies circulent de toutes parts et qu'on ne veut pas vivre sans rien sur la tête? Choisir une perruque!
Ci-dessous: sculpture, vrais cheveux ou perruque? On ne sait plus...


Coiffure, faïence, Egypte, 1391-1295 avant JC.


Informations concernant l'exposition au musée du Quai Branly ici:

lundi 9 janvier 2012

L'"égypmienne"



Alors? Qu'en pensez-vous? À vrai dire, j'ai beaucoup hésité avant de publier ce dessin. Parce que de nos jours, dès qu'on présente une singularité, et qui plus est chargée "énergétiquement" comme ici, on ouvre sa porte à nombre de clichés et "catalogages" divers...
Ainsi à "égyptien" pourrait-on associer par exemple magie noire, ésotérisme maléfique, eugénisme incestueux (voire dégénérescent), esclavage, islamisme extrémiste etc, etc.
Et il serait aisé de décliner une liste équivalente pour chaque civilisation de ce monde: chacune ayant en effet ses travers, ses atrocités mais aussi ses exploits, ses beautés, ses figures.
Comment s'entendre malgré toutes ces diversités apparentes de l'Humanité?
La question de l'identité semble cruciale dans certains pays comme la France, où la vie est si "cosmopolite" qu'elle provoque souvent une angoissante perte de "repères"...
Pour autant, rien de plus urgent que la Paix et même la solidarité entre nous, étant donné les graves problèmes environnementaux, énergétiques et économiques auxquels nous sommes tous confrontés. La Terre est comme un navire, et nous des membres actifs de son équipage. Si elle sombre, nous coulerons avec elle, tous sans exception, d'où la nécessité de s'entraider!
Mais là une deuxième question se pose: celle de l'éthique. Car pour (sur)vivre, il ne suffit pas d'unir nos forces en une, encore faut-il savoir la diriger, l'orienter vers un bien commun. Nous y voilà.
Au-delà d'une tête de femme stylisée et hors du temps, ne dirait-on pas que ce portrait interroge celui qui le regarde sur la moralité de l'activité humaine passée, présente et surtout future? Qu'il se dresse tel une "Marianne orientale" les yeux ouverts sur une liberté inexplorée, un potentiel nouveau à définir?