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jeudi 15 juillet 2021

Ready for the Trip?

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Alors? Prêts pour le grand voyage?

Train of Life

Un voyage - à l'aller riche en découvertes et au retour souvent empreint de nostalgie - durant lequel le point de départ demeure aussi flou que celui de l'arrivée...

The Sacred Barge

Emprunterez-vous la précieuse nef...

..qui mène au royaume céleste?

The Nereids

30 + 20 = 50 images...

 ..comme autant de nymphes marines formant le cortège de Poséidon!

vendredi 2 novembre 2012

Women in japanese woodblock prints

Dame en promenade, Masanobu Okumura (1685-1764).


Tenant autant de la peinture que de l'impression, l'ukiyo-e ("images de ce monde éphémère"), est l'une des formes picturales que je préfère: j'aime le raffinement du dessin aux formes bien délimitées par un trait noir, les couleurs ajoutées ça et là avec délicatesse (ces deux caractéristiques influenceront d'ailleurs beaucoup la bande dessinée, inspirant notamment la ligne claire à Hergé) et les sujets typiquement japonais tels que les femmes en kimono (bijin-ga), les paysages (fukei-ga) ou la faune et la flore (kacho-ga).


Trois personnages devant une véranda, Toyonobu Ishikawa (1711-1785).


L'histoire de cette technique fut relativement courte: probablement issues des gravures sur bois votives des temples bouddhistes (dont le mot ukiyo-e tire son sens, très imprégné de la notion d'impermanence), les premières estampes japonaises datent de la seconde moitié du 17ème siècle, des artistes comme Moronobu ou ceux de l'école Kaigetsudo ayant été les premiers à vulgariser la peinture nippone à travers ce procédé. Or cet art fut presque abandonné deux cent ans plus tard, à la fin du 19ème siècle. 
Au 20ème siècle, quelques initiatives furent tentées pour relancer cette tradition: celle de l'éditeur Watanabe Shozaburo, qui fut à l'origine du mouvement Shin Hanga prônant la continuité avec les savoirs faire artisanaux du passé répartis en plusieurs corps de métier spécialisés (dessinateur, graveur, éditeur) et celle du Sosaku Hanga, qui imposait à l'artiste d'être l'auteur de toutes les étapes de la fabrication (conception occidentale relativement moderne). Même s'il n'a plus le même succès commercial, l'ukiyo-e se pratique encore de nos jours.


Femmes ramassant des coquillages, Kiyohiro Torii (?, 1776).


Au début, beaucoup d'estampes étaient tirées en sumi, encre de Chine noire (sumizuri-e). Des couleurs à la dominante rouge-orangée (appelée tan, tirée de l'oxyde de plomb) étaient parfois rajoutées à la main, ce qui pouvait donner un effet de contraste intéressant (tan-e). Il existait également des tirages colorés manuellement sur lesquels était étalée de la laque noire ainsi que de la poudre d'or par endroits (urushi-e).
Par la suite, les Japonais élaborèrent des méthodes à deux couleurs à l'eau, rose (beni, tiré du safran) et vert, (benizuri-e), puis de trois à plus de sept blocs de teintes différentes telles que l'ai (bleu indigo), le shoenji (rouge issu du millepertuis), le murasaki (violet, issu du mélange ai+shoenji) ou encore le gofun (blanc lumineux à base de poudre de coquille d'huître et de colle de riz) avec parfois de jolis dégradés (nishiki-e).


Dame de dos, Shigenobu Nishimura (18ème siècle).


L'impression elle-même fourmillait souvent de petits détails subtils, tant au niveau des motifs de kimono ou de obi que des attitudes des personnages, ce qui rendait l'ensemble très vivant. Certaines estampes ont un fond très léger, voire inexistant, et d'autres, au contraire, présentent un décor ou un paysage beaucoup plus élaboré.


Promenade sous la pluie, Harunobu (1718-1770).


Parmi les différents types de tirage, on distingue la disposition de la feuille de papier à la verticale (tate-e) de l'horizontale (yoko-e).


Musiciennes, Koriusai (vers 1770-1782).


Le format des estampes, limité par la taille des planches de bois tendre (coupées dans la tranche du tronc) utilisées pour la gravure du dessin lors de l'impression, est assez variable: alors que le plus habituel est un rectangle de taille moyenne (oban), certains sont plus petits, (aiban, otansaku, chutanzaku, hosoban, koban, chuban, shikishiban, yotsugiri et mameban), d'autres sont tout en largeur (triptyques réunissant plusieurs feuilles..), d'autres encore sont très hauts et très étroits (hashira-kaké ou kakemono-e, pour s'adapter au kakejiku, rouleau à suspendre au mur) ou un peu plus grands que le format classique (o-oban, grand oban).


Femmes admirant le paysage, Koriusai (vers 1770-1782).


Obéissant aux contraintes imposées par le format du tirage, les dimensions des personnages jouent par ailleurs un rôle important dans l'expression de la scène dans son ensemble: ainsi une grande taille leur confère de la noblesse, tandis qu'une petite mettra en évidence l'intimité de leur vie quotidienne.


Femmes au bain, Kiyonaga (1742-1815).


Enfin, la perspective, inconnue des artistes japonais jusqu'à la fin du 18ème siècle, s'assimile progressivement, permettant une représentation plus juste des paysages, et donnant lieu à un véritable engouement pour les "vues célèbres" (meisho-e) qu'immortalisèrent Hokusai et Hiroshige dans des séries très appréciées encore aujourd'hui dans le monde entier.


Promenade au bord de la Sumida, Kiyonaga (1742-1815).

Remerciements: Stéphane W.

mercredi 30 mai 2012

Musée Cernuschi 2


Ascension bouddhique..

En s'élevant d'un étage, on découvre de nombreuses statues de Bouddha en position du lotus, chacune d'un style différent..

Bouddha Amitabha en marbre, Chine, 550-577 après JC.

avec ou sans décor fleuri autour, et un visage assez variable selon le lieu d'origine et l'époque de la sculpture.

Fragment de catafalque en marbre, Chine, première moitié du 6ème siècle après JC.

Les animaux mythologiques ornent les murs et de nombreux éléments architecturaux..

Tête de Bouddha en grès, Chine, 535-556 après JC.

Certains motifs, quant à eux, semblent symboliser des éléments immatériels comme les ondulations sur la tête de ce Bouddha l'énergie et la concentration qui s'amplifient au fur et à mesure de la méditation.

Quatre suivantes en terre cuite, Chine, 386-534 après JC.

On trouve aussi de nombreux personnages de la vie de tous les jours en terre cuite,

Deux suivantes en terre cuite, Chine, 7ème siècle après JC.

comme cette série de suivantes, dont la silhouette servit de modèle aux poupées japonaises "kokeshi" en bois,

Deux suivantes en terre cuite, Chine, 7ème-8ème siècle après JC.

élégantes femmes enveloppées dans leurs soies multicolores (les statuettes étaient peintes),

Danseuse et musiciennes en terre cuite, Chine, 618-907 après JC.

ou ce groupe de musiciennes et danseuse.

Cheval en terre cuite, Chine, 618-907 après JC.

Le cheval est l'un des animaux les plus représentés avec les félins et les oiseaux puisqu'il fait depuis longtemps déjà partie du quotidien...

Chameau en terre cuite, Chine, 618-907 après JC.

Quant aux chameaux, issus du Moyen-Orient, rassemblés en caravanes, ils transportent la soie de la Chine vers l'Occident... Celui-ci a trouvé au musée un tout autre rôle puisqu'il sert de repère lors de la visite: "pour redescendre, prenez l'escalier à droite juste après le chameau!" ne cessent de répéter les gardiens aux touristes de passage..

Collier et ornements de tempe en cristal de roche, améthyste et or, Mongolie (?), premier quart du 12ème siècle après JC.

Une fois redescendu, on admire alors de magnifiques parures en or,

Parure funéraire en bronze et argent doré, Mongolie (?), premier quart du 12ème siècle après JC.

en particulier cette coiffe composée de 24 plaques ajourées, ornées chacune de canards mandarins et de phénix ainsi que d'un joyau enflammé sur le dessus..

Bols en bois et or, Chine, 907-1125 après JC.

sans oublier des objets de culte bouddhique, tels ces deux bols en bois doré.

Visite de la collection permanente gratuite;
plus d'informations ici:

jeudi 8 mars 2012

Condition féminine: un progrès notable cette année!

Vous vous souvenez peut-être de ce petit texte que j'avais écrit pour la Journée de la Femme de l'année passée: http://emmanuellewaechter.blogspot.com/2011/03/journee-de-la-femme-point-de-vue-tres.html
Eh bien en ce début 2012, une nouvelle loi a été votée, modernisant les usages archaïques du Code Civil: enfin!! Les femmes ne seront plus contraintes à indiquer leur statut marital dans les documents administratifs! Voilà longtemps que, personnellement, j'attendais cette modification! Désormais "Madame" est bien devenu l'équivalent féminin de "Monsieur". Ce qui ne veut pas dire que parité doive nécessairement rimer avec égalité. Et encore moins que les femmes soient devenues (ou doivent devenir) plus "viriles". Une femme reste différente d'un homme, ne serait-ce que physiquement. Et pas question ici pour moi de perdre cette féminité qui fait tout notre charme! Mais sur les papiers, et ce dès la naissance, l'état civil doit néanmoins être parfaitement équivalent entre les deux, indiquant simplement si on est un homme ou une femme, le nom de naissance etc. Donc voilà qui est mieux.
Alors, aujourd'hui, contre quoi faut-il encore lutter?
Contre la maltraitance et la violence subies par tant de femmes dans le monde! Et là, il reste beaucoup à faire!

mardi 8 mars 2011

Journée de la Femme - Point de vue très personnel...

Voici une "auto-interview", fictive, que j'ai rédigée en reprenant les questions du Figaro Madame de 2009, que je trouvais intéressantes... Ce petit écrit vous explique entre autres un peu plus pourquoi je tiens à rester "Mme Manunews"...  

Aujourd’hui, vous lutteriez pour...
... garder votre nom ?
Oui, car il n’y a pas de raison que le nom du mari remplace celui de la femme. Symboliquement, ça donne l’image d’un homme dominant, et ce type d’union n’est plus d’actualité. 
Pour les enfants, le plus convenable serait de leur donner les deux noms puisqu’ils sont a priori issus des deux parents, et de leur laisser la possibilité de prendre, à leur majorité, le nom du père, et/ou de la mère, sans leur demander les raisons de leur choix. 
Et j’irai encore plus loin : comment ose-t-on parler de parité de nos jours en France alors que rien qu’au niveau de l’état civil, un garçon naît « monsieur » et le restera toute sa vie alors qu’une fille ne pourra être « madame » que si elle se marie ou que, dans la vie quotidienne, elle devient plus âgée ?? Cette différence pouvait avoir un sens à une époque où les filles étaient vouées au mariage, au ménage et aux naissances, mais nous n’en sommes plus là depuis longtemps ! Alors pourquoi faire perdurer de tels usages désuets ? C’est bizarre que si peu de monde réagisse à cette question qui, l’air d’un banal changement de vocabulaire, pourrait bien être révélateur d’un certain « conservatisme » ... 

... l’égalité de salaire homme-femme ?
Oui, puisqu'elle n’est pas encore effective, notamment à cause du congé de maternité (mais toutes les femmes ne souhaitent pas avoir d’enfant, ce qu’on pourrait songer à prendre en compte, non ? Une idée, peut-être...) et puis de certains vieux préjugés qui ont la vie dure dans les esprits masculins comme féminins d’ailleurs !
Ceci dit, cela s'améliore, de ce côté: les salaires commencent vraiment à s'aligner les uns aux autres, sans oublier les efforts faits pour proposer des postes-clés aux femmes dans les grandes entreprises. A tel point que certains nous avertissent de ne pas aller trop loin dans l'autre sens...

... le droit au désir ?
Là, c’est plus délicat. D’abord nous n’avons pas tous et toutes la même façon de voir les choses, surtout à ce niveau. La seule règle, je dirai, c’est le respect de soi, de l’autre, et une capacité à exprimer ses choix, qu’on soit homme ou femme. Ceci dit, personnellement, je ne me sens pas trop concernée, n’ayant pas eu de problème puisque j’ai toujours pu affirmer mes décisions en ce domaine. 
Mais tout ce que je viens de dire ne vaut que pour mon « point de vue » : n’oublions pas que dans beaucoup d’endroits du monde, et même en Europe, des femmes sont mises à l’écart de l’éducation, battues, violées, méprisées ! Et c'est là que le plus grand travail reste à faire...