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mercredi 31 décembre 2025

mardi 4 septembre 2018

vendredi 13 octobre 2017

Musée des Soieries Bonnet 1: les ateliers


La visite des lieux constitue une expérience assez unique en son genre:


imaginez l'entrée dans une manufacture de soieries qui, riche d'une histoire de près de deux siècles, n'a pas bougé (ou presque) depuis sa fermeture définitive de 2001.


Ainsi, parcourir ses différentes salles, bureaux et ateliers, laissés tels quels depuis le départ des derniers employés, permet d'effectuer un voyage dans le temps pour le moins stupéfiant...
 

 Édifiée en 1835 à Jujurieux (Ain), cette véritable cité industrielle employa des milliers d'ouvrières de la région,


mais aussi d'autres pays d'Europe (Italie, Suisse, Pologne...),
 

et fut longtemps considérée comme un modèle de l'"usine-pensionnat",
 

suivant la volonté paternaliste à caractère social, moral et religieux de son fondateur, Claude-Joseph Bonnet (1786-1867).
 

La vie des pensionnaires était en effet planifiée de façon très précise,


et les nombreuses infrastructures (chapelle, économat, infirmerie...), attenantes, constituaient pour l'époque des avantages non négligeables.


Sans doute est-ce pour ces raisons que l'usine ne connaîtra que très peu de mouvements de grève, et ce en dépit de faibles salaires.
 

L'architecture des bâtiments ainsi que le fonctionnement exemplaire de l'entreprise inspirèrent la construction de succursales ainsi que d'autres filatures concurrentes, en France et à l'étranger, dont probablement celle de Tomioka au Japon.


Les deux conflits mondiaux du 20ème siècle et leurs nombreuses conséquences (manque de personnel, mécanisation de gestes autrefois manuels, usage des fibres synthétiques, évolution du mode de vie et de la clientèle...) ayant créé des difficultés dans l'industrie textile,
 

le pensionnat ferme en 1945 et l'activité de la Société d'Exploitation des Textiles Bonnet se réduit au fil des ans.


Dans les années 1970, pour tenter de faire face à ce déclin, la SETB investit dans des métiers à tisser le velours, ce qui redonna un certain élan à sa production durant quelques années, mais ne permit pas d'empêcher le dépôt de bilan survenu en 1999.


Par chance, à l'initiative du dernier dirigeant, les locaux furent aussitôt rachetés par la Communauté de communes Rives de l'Ain-Pays du Cerdon,


et l'intégralité de ce qu'ils abritaient (machines, outils, mobilier, archives, rouleaux de tissus, échantillons, etc) fut acquis par le Département de l'Ain, le tout en vue de créer un musée.


Deux ans plus tard, les collections obtiennent l'appellation "Musée de France", et le bâti est classé monument historique. Les lieux, ouverts au public de mai à octobre, sont divisés en deux espaces:


- la partie "exposition", où le visiteur est amené à découvrir le Bombyx mori (papillon dont la chenille est à l'origine du fil de soie), les différents types de textiles produits par les Soieries Bonnet selon les époques, ainsi que l'histoire - très documentée - de la société, des bâtiments à la vie de son personnel;


- la partie dite de l'"usine", dont on voit ici les images, accessible uniquement lors de visites guidées (pour des raisons de sécurité) effectuées par d'anciens employés, qui partagent volontiers leurs connaissances ainsi que leur expérience individuelle.


Quand les circonstances le permettent, certains métiers à tisser sont alors remis en marche;


ces démonstrations donnent l'occasion de se rendre compte des conditions de travail (odeur, bruit, etc) imposées par ces machines, qui exigent de plus beaucoup de rigueur et d'attention lors de leur utilisation.


Pour en savoir plus:


mardi 20 décembre 2016

Pilot Cocoon


Un stylo japonais (Pilot)...


..nommé "Cocoon"!


Il ne lui manquait qu'une touche de soie...


..pour être parfait!


A l'aide d'une technique inspirée du tsukamaki,


utilisé sur les poignées des katanas,


il suffit de prendre un fil de soie d'Alger,


de nouer une de ses extrémités sur le corps du stylo,


puis de l'entortiller en le croisant sur lui-même...


..en serrant bien à chaque tour... jusqu'au nœud final!

vendredi 11 mai 2012

La Maison des Canuts de Lyon 3

 Passementerie; révoltes des canuts:

Le travail de la passementerie, bien détaillé lors de la visite, représente la quintessence du luxe à la française en matière de textile, tant par les matières utilisées (or et soie) que par l'éclat et le raffinement des ouvrages...


rouet de guimperie du Second Empire;



Échantillons en or lamé, miniature d'un métier spécialement conçu pour la passementerie;



Exemples de galons précieux réalisés avec ce type d'appareil:



métier à bras pour l'échantillonnage des passementeries en or.



Ces rubans d'or et de soie étaient l'objet de beaucoup de soin et d'attention,



puisqu'ils ornaient souvent des décors et des costumes officiels (militaires et religieux notamment).



Motifs variés, bandes fines ou larges, pompons, cordes, tout est possible, ou presque!



Boîtes d'espolins (petites navettes) et de mouchets de fil de soie multicolores, carte de présentation des différents types de fil d'or, livre de comptes du 18ème siècle.



Ancien rouet; à l'image de leurs fils de soie, ceux qui la travaillent sont brillants, cultivés, instruits, et disciplinés... Plutôt conservateurs (le libéralisme nuisant à leur commerce de par la concurrence effrénée qu'il entraîne), ils restent fidèles à la royauté (qui fut à l'origine de leur essor), même si parmi eux des minorités exprimaient violemment leur antipathie pour l'aristocratie (les "voraces", par exemple). De ce fait, les tentatives de rapprochement avec la République échoueront, ce malgré la diffusion d'idées de tous horizons politiques, notamment dans la revue "L’Écho de la Fabrique", journal des canuts publié de 1831 à 1834.



La devise des canuts de 1831 (signée Jean-Claude Romand): les ouvriers de la soie se firent connaître autant par la qualité de leur travail que par leurs révoltes pour des salaires dignes!



Et pour terminer la visite gratuite en beauté, on nous offre même un cocon... (sur la photo, le cocon est uniquement l'ovale blanc, car les chenilles ne tissent pas encore de ruban en papier vert!!)
Par ailleurs, la boutique attenante au petit musée propose un large choix de foulards et autres vêtements en soie (et laine) fabriqués dans la région lyonnaise.
L'endroit mérite donc la visite!!

Pour toute information supplémentaire, cliquer ici:

La Maison des Canuts de Lyon 2

Étuves de Talabot et chinoiseries:

 Comme la soie absorbe l'humidité ambiante, le poids des fils est très variable. Pour obtenir une production aux mesures homogènes, fiables et donc commercialisable, il est nécessaire d'utiliser des étuves de Talabot comme ci-dessous où les écheveaux sont desséchés et chauffés.. pour la pesée finale.


Les faïences des parois représentent les différentes étapes de l'élaboration de la soie en Chine, du cocon au fil de soie...



L'élevage des chenilles, nourries aux feuilles de mûrier.



Les cocons formés, on les plonge dans l'eau bouillante et on les déroule à l'aide d'un rouet.



On réunit plusieurs fils en un seul, plus résistant.



Autre méthode pour dérouler les cocons, sans rouet, à la main.



Dans le désordre,



différentes étapes du conditionnement



en fils homogènes..



et pour finir, séchage des ballots.



Détail des chenilles dévorant leurs feuilles de mûrier.


Plus d'informations ici:
http://www.maisondescanuts.com/