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vendredi 11 mai 2012

La Maison des Canuts de Lyon 3

 Passementerie; révoltes des canuts:

Le travail de la passementerie, bien détaillé lors de la visite, représente la quintessence du luxe à la française en matière de textile, tant par les matières utilisées (or et soie) que par l'éclat et le raffinement des ouvrages...


rouet de guimperie du Second Empire;



Échantillons en or lamé, miniature d'un métier spécialement conçu pour la passementerie;



Exemples de galons précieux réalisés avec ce type d'appareil:



métier à bras pour l'échantillonnage des passementeries en or.



Ces rubans d'or et de soie étaient l'objet de beaucoup de soin et d'attention,



puisqu'ils ornaient souvent des décors et des costumes officiels (militaires et religieux notamment).



Motifs variés, bandes fines ou larges, pompons, cordes, tout est possible, ou presque!



Boîtes d'espolins (petites navettes) et de mouchets de fil de soie multicolores, carte de présentation des différents types de fil d'or, livre de comptes du 18ème siècle.



Ancien rouet; à l'image de leurs fils de soie, ceux qui la travaillent sont brillants, cultivés, instruits, et disciplinés... Plutôt conservateurs (le libéralisme nuisant à leur commerce de par la concurrence effrénée qu'il entraîne), ils restent fidèles à la royauté (qui fut à l'origine de leur essor), même si parmi eux des minorités exprimaient violemment leur antipathie pour l'aristocratie (les "voraces", par exemple). De ce fait, les tentatives de rapprochement avec la République échoueront, ce malgré la diffusion d'idées de tous horizons politiques, notamment dans la revue "L’Écho de la Fabrique", journal des canuts publié de 1831 à 1834.



La devise des canuts de 1831 (signée Jean-Claude Romand): les ouvriers de la soie se firent connaître autant par la qualité de leur travail que par leurs révoltes pour des salaires dignes!



Et pour terminer la visite gratuite en beauté, on nous offre même un cocon... (sur la photo, le cocon est uniquement l'ovale blanc, car les chenilles ne tissent pas encore de ruban en papier vert!!)
Par ailleurs, la boutique attenante au petit musée propose un large choix de foulards et autres vêtements en soie (et laine) fabriqués dans la région lyonnaise.
L'endroit mérite donc la visite!!

Pour toute information supplémentaire, cliquer ici:

La Maison des Canuts de Lyon 2

Étuves de Talabot et chinoiseries:

 Comme la soie absorbe l'humidité ambiante, le poids des fils est très variable. Pour obtenir une production aux mesures homogènes, fiables et donc commercialisable, il est nécessaire d'utiliser des étuves de Talabot comme ci-dessous où les écheveaux sont desséchés et chauffés.. pour la pesée finale.


Les faïences des parois représentent les différentes étapes de l'élaboration de la soie en Chine, du cocon au fil de soie...



L'élevage des chenilles, nourries aux feuilles de mûrier.



Les cocons formés, on les plonge dans l'eau bouillante et on les déroule à l'aide d'un rouet.



On réunit plusieurs fils en un seul, plus résistant.



Autre méthode pour dérouler les cocons, sans rouet, à la main.



Dans le désordre,



différentes étapes du conditionnement



en fils homogènes..



et pour finir, séchage des ballots.



Détail des chenilles dévorant leurs feuilles de mûrier.


Plus d'informations ici:
http://www.maisondescanuts.com/

La Maison des Canuts de Lyon 1

Pébrine; cartons Jacquard... :

Située dans le quartier historique de la Croix Rousse à Lyon, la Maison des Canuts propose de découvrir l'univers des ces producteurs de soie, de l'entretien des mûriers dont la chenille du Bombyx mange les feuilles à l'élaboration de textiles richement décorés en passant par l'élevage desdits animaux.
L'"entrée en matière" se fait aisément grâce à une courte vidéo présentant les différents stades de développement de l'insecte: œuf, larve, cocon et enfin papillon si on laisse la métamorphose se réaliser. A ces étapes se superposent cinq mues, dont une a lieu dans le cocon. 
Ensuite, le petit film résume les principales étapes de transformation nécessaires à l'élaboration du fil et des étoffes de soie, les régions de France concernées par la production (Lyon, ses environs et le Sud-Ouest) pour des raisons autant géographiques (douceur du climat) qu'historiques (de Louis XI à Napoléon, plusieurs décrets encouragèrent l'implantation et le développement de la sériciculture dans la région lyonnaise).



Puis très vite, le petit musée rend hommage aux recherches efficaces menées par Louis Pasteur pour lutter contre la pébrine, maladie mortelle, contagieuse et héréditaire ayant ravagé les élevages en 1855. Ci-dessus, matériel nécessaire au "grainage cellulaire", méthode mise au point par le savant, mise en place à partir de 1869, permettant de distinguer les animaux sains de ceux atteints par la maladie. Les œufs issus des Bombyx femelles non atteints sont regroupés en onces (quelques grammes) dans les boîtes circulaires et vendues comme "graines" certifiées non contaminées. 



Les chenilles en bonne santé ayant filé leur cocon dans des branchages de bruyères mis à leur disposition, on défait les cocons des branches (décoconnage), on les trie soigneusement et on les plonge dans l'eau bouillante afin de les dérouler. On réunit alors plusieurs fils en un plus épais. Il faut ensuite peser ces fils, afin d'examiner leur "titre",  leur épaisseur à l'aide d'instruments comme ici, sans oublier les étuves.



 Une fois la qualité et la densité du fil vérifiée, on utilise divers métiers pour assembler fils de trame d'une part, et fils de chaîne d'autre part, pour former différents tissus. Ces métiers sont à bras jusqu'au 19ème siècle et évoluent assez peu jusqu'à l'invention du carton Jacquard, dont est équipé le métier ci-dessus. Cette innovation soulage les ouvriers de tâches très éprouvantes et permet d'augmenter le rendement.



Mais avant de passer au métier à tisser, les fils de soie sont préalablement organisés et méthodiquement préparés avec un cantre (au premier plan sur la photo), un ourdissoir (au fond à droite) et des mécaniques rondes (au fond à gauche).



 Quant au rouet (ici au centre), il est à la base du filage de la soie issue du cocon.



Les métiers Jacquard nécessitent une très grande hauteur sous plafond (environ quatre mètres!) et les cartons, uniques, créés à chaque nouveau motif, sont très longs (plus d'un kilomètre!).



Mais le résultat est si précis et si efficace pour l'époque que la technique sera rapidement adoptée, dès 1815. Ici un exemple de velours ciselé rouge aux motifs floraux.



Tous ces appareils très complexes et délicats à manipuler ne sauraient fonctionner correctement ni produire de belles étoffes sans ces quelques outils indispensables :



peignes, navettes, instruments de mesure, rabots, ciseaux... Les canuts peuvent ainsi, manuellement, rectifier des erreurs, remettre en place des fils ayant glissé, les couper avec précision, mesurer les longueurs réalisées ou changer de fil...



Quant aux canettes de soie, elles permettent de garder des longueurs de fil prêtes à servir, sans qu'elles s'emmêlent.

Plus d'informations ici:
http://www.maisondescanuts.com/

jeudi 5 janvier 2012

Lyon's silk: the canuts

Ce dossier joliment illustré passe en revue tout ce qui fit la spécificité du travail artisanal des canuts, ces tisserands de soie établis à Lyon et ses environs depuis le 16ème siècle: étuve, pesée, séricimètre, teinturerie, carton Jacquard... Ces savoirs-faire furent à l'origine de l'enrichissement des ouvriers de la région comme de leur perte, puisque bientôt l'industrie avec ses énormes métiers mécaniques remplaça la main de l'homme.
Attention: les termes employés concernant les populations chinoises ("tonkinois") et en particulier africaines ("nègres", "négresses"), d'un usage vieilli et pouvant être considérés aujourd'hui comme péjoratifs voire racistes, sont à replacer dans le contexte historique de cette publication du début du 20ème siècle, surtout intéressante d'un point de vue technique et culturel.
Cette précision soulignée, il ne vous reste qu'à suivre le fil...










Remerciements (et joyeux anniversaire) à: http://jacquelinewaechter.blogspot.com/

mardi 3 janvier 2012

More about silk...

LA SOIE
Elle fait partie des textiles fabriqués à partir de fibres naturelles, avec la laine, le lin, le chanvre et le coton. Elle est d’origine animale, comme la laine.

Arc-en-ciel de couleurs, soies unies et à motifs.
 HISTOIRE
La soie a probablement été découverte en Chine (ou peut-être en Inde?), vers 2500-3000 avant J.C. D’après la légende, ce serait Xi Lingshi, la femme de l’empereur Hoang Ti qui, prenant le thé à l’ombre d’un mûrier, aurait déroulé en voulant l’attraper un cocon de lépidoptère tombé dans sa tasse. L’élevage des chenilles se développa rapidement pour satisfaire les exigences de la cour impériale. Un décret empêcha pendant plusieurs centaines d’années que ce secret soit divulgué, punissant de mort ceux qui oseraient transmettre ce savoir jalousement gardé! 
Les marchands pouvaient cependant s’en procurer pour la revendre très cher en Europe et dans les pays Orientaux, ce prix comprenant entre autres les risques d’un tel voyage. En effet, ce qui allait bientôt devenir la célèbre “Route de la soie” était un périple de plus de cinq ans (sur terre puis sur mer) dans des contrées souvent peu hospitalières et où les pillards n’étaient pas rares. 
Mais ce parcours permettait aussi de nombreux échanges commerciaux et culturels entre les diverses civilisations. À cause de cet éloignement et de ce monopole exercé si longtemps par les Chinois, seule l’Antiquité tardive (aux environs du 2ème siècle avant JC) connaîtra l'usage de la soie. Perses, Grecs et Romains s’offriront souvent à prix d’or le précieux textile. Le terme “soie” vient d’ailleurs du mot “Sères” (grec”serikos”/latin sericus), employé pour désigner un peuple de Chine.
La production européenne ne commencera à se développer qu'à partir de la seconde moitié du 6ème siècle après JC. On raconte que ce serait grâce à la ruse de deux moines du Mont Athos, qui auraient dissimulé des petits "vers à soie" dans leurs cannes de bambou creuses lors d’un voyage effectué en Asie pour l’empereur byzantin Justinien.
Le principal essor de cette industrie aura lieu de la fin du Moyen-Âge au milieu du 19ème siècle en Italie puis en France où le tissage sera constamment amélioré et perfectionné au fil du temps. Elle atteint son apogée vers 1830-1850, Lyon demeurant jusqu'à cette époque la capitale occidentale de la soie depuis le 16ème siècle grâce au travail des canuts (voir documents ici:http://emmanuellewaechter.blogspot.com/2012/01/lyons-silk-canuts.html).
A la fin du 19ème siècle, l'industrie européenne connaît un fort déclin, dû aux épidémies, au lancement des premières fibres synthétiques ainsi qu'à la création du Canal de Suez, facilitant le trajet de la soie asiatique en Occident. Ainsi, le coût du transport diminuant et la main d’œuvre chinoise restant bon marché, les rapports s’inversent, et ce sont de nouveau les pays d'Asie qui concentrent la production mondiale de la soie. Et le Japon y tiendra une place très importante pendant plusieurs décennies, exportant de grandes quantités de soie grège.
Aujourd’hui, la soie est un luxe “rare” car elle représente moins d’1% de la production de l’ensemble des textiles de la planète, sans compter que l’Asie (c'est à dire surtout la Chine) propose principalement des produits finis. La soie de qualité supérieure reste très prisée par la haute couture.

Mousseline de soie vert amande brodée à la main.
FABRICATION
Elle se fait généralement à partir d’un insecte, le bombyx du mûrier, sorte de joli papillon blanc et duveteux. L’animal, comme la plupart des lépidoptères, connaît trois phases de développement: la chenille (larve) grandit en quelques semaines pour former une chrysalide en fils de soie “grège”(encore gluante) de couleur écrue et de ce cocon sort au bout de plusieurs heures un papillon flambant neuf.
La fabrication consiste à élever ces insectes jusqu’à leur stade de chrysalide, enrouler les fils très fins sur des bobines puis en assembler plusieurs pour qu’ils deviennent plus résistants et les monter en étoffe plus ou moins large (plus de détails ici: sériciculture, dans la magnanerie).
Aujourd'hui, on se tourne peu à peu vers une solution plus éthique, déjà pratiquée depuis longtemps dans certaines ashrams en Inde, qui permet d'utiliser les cocons vides, c'est à dire en laissant vivre et s'échapper la chenille devenue papillon. Plus d'informations ici: http://blog.upfactory.com/2009/07/09/251-que-la-force-soit-dans-la-soie.
À partir de là, il existe des variantes, réalisées à partir d’autres chenilles (soie Muga couleur or et Tussah des Indes), ou d'araignées (des recherches scientifiques sont en cours pour développer ce nouveau textile) ou même de mollusques marins (la “soie de mer” ancienne spécialité de la Sardaigne). Enfin, l'aloé vera est aussi utilisée au Proche Orient pour obtenir de la soie végétale, nommée sabra...

Pongé (voir plus bas) de soie or.
CARACTÉRISTIQUES
C’est un tissu composé principalement de protéines, à grande capacité d'absorption de l’humidité (jusqu’à 30% de son poids en eau!), plus ou moins souple, connu pour son aspect lustré et sa douceur, variables selon le tissage. Sa brillance naturelle est due à la section triangulaire des fibres à travers lesquelles la lumière passe comme dans un prisme. Il est fin, très résistant (enfin ça dépend de la qualité), et isolant (frais en été, chaud en hiver). Son prix varie en fonction de son grammage (épaisseur, densité): plus ce dernier est élevé, plus le métrage sera cher.

TYPES DE TISSAGE
Parfois, même couturiers et vendeurs se trompent ou alors font un "raccourci" de langage et nomment une matière par un type de tissage. Exemple: on peut répondre à votre question “en quelle matière est ce ruban?” par “en satin”, ce qui ne vous dit pas s’il s’agit de soie ou de polyester. Idem pour l’organza. D’où l’utilité de savoir reconnaître les fibres et leur organisation spatiale. 

Mousseline plissée: ici ses ridules bleues forment un océan... de soie.
Les plus répandus:
tissu épais, très irrégulier car formé à partir de fibres courtes issues des déchets de filature.

toile rehaussée de fils d’or ou d’argent, incorporés dès le tissage de l’étoffe, grâce à une navette supplémentaire. Ce n’est donc pas une broderie même si ça y ressemble.

Crêpe
(latin cripus, frisé) tissu fin, léger, et de surface ondulée voire rugueuse.

Damassé:
(de Damas) même principe que pour le brocart mais avec des fils de soie.

Lavée:
la soie dite "lavée" a subi un traitement spécial qui lui retire son brillant. A le même aspect que le revers d'un satin.

Moire
(de “mohair”): étoffe assez rigide aux reflets changeants.

voile léger, transparent, très finement gaufré et granuleux, d’où son toucher rêche. 

tissu rigide, plus ou moins transparent (mailles larges). L’organdi est une toile, l’organza est plus fin.

(origine: Turquie) soie épaisse à grosses côtes tramées sur coton.

“poils” de soie coupés montés sur trame de coton ou de viscose (il est d'ailleurs très regrettable que le velours actuel ne contienne presque toujours que des fibres synthétiques!).

Pongé
tissu lisse, léger, et brillant. Un peu translucide. Utilisé comme doublure.

Satin
tissu uni, brillant souple et solide mais craint tout objet ou ongle pointu qui accroche facilement ses fils et laisse une trace irréparable sur la surface "miroir" de ce type de soie.

la soie dite “sauvage” est raide, plus ou moins brillante et irrégulière. Épaisse, elle est souvent utilisée pour la confection de rideaux. Sa version plus fine sert à fabriquer des vestes, robes de mariage ou sacs.

Sergé
tissage en diagonale.

toile fine, tissage très serré, un peu mat. Aspect de la soie sauvage.

Silco
mélange quasi équilibré de soie et de coton. Lisse, brillant, doux, un peu mou, il est une spécialité de l’Inde.

Paons en brocard de métal doré incorporé à la soie d'un sari indien.
Autres types:
avec les déchets de cocons. N’est presque plus fabriquée.

Zenana
(hindi) étoffe gaufrée de soie ou coton.

tissu fin, brillant, coloré et froissé selon une très ancienne technique japonaise.

étoffe épaisse et très irrégulière obtenue à partir de fibres partiellement usagées (d’anciens kimonos).

Shibori de soie rouge vif.
COMMENT RECONNAÎTRE LA SOIE
Bien sûr, on peut faire le test de la flamme:
Sinon, voici une autre méthode (par tâtonnement), beaucoup plus subtile et faisant appel à notre sensibilité tactile: comment différencier la soie...
    du polyester
celui-ci est généralement plus rêche, plus rigide et les fibres sont beaucoup plus régulières. Le croisement des fils est toujours à géométrie parfaite (angles droits). La brillance est souvent moindre (sauf satin) et s’il a été beaucoup porté, il a tendance à diffuser les odeurs de transpiration. Pour toutes ces raisons, il peut agresser les peaux délicates.

    de l’élasthane
cette matière est plus élastique, et moins agréable au toucher. Elle est parfois ajoutée (en proportion de 5 à 10% de la masse totale) à la soie pour lui donner plus de ressort.

    de la viscose ou soie synthétique:
(dont sont composées rayonne et fibranne) obtenue chimiquement à partir de cellulose (pâte de bois), ses fils ont tendance à être plus réguliers et un peu moins résistants. Peut exceptionnellement provoquer de légères rougeurs sur les peaux fragiles, mais pas aussi fortes que le polyester.

    de la laine
la laine se reconnaît, au toucher, aux petits poils presque invisibles et frisés qui dépassent de l’étoffe proprement dite.

    du lin
le lin est solide mais pas très doux. Il a un quadrillage assez gros et irrégulier. S’il n’est pas lavé délicatement, il peut “feutrer”. 

    du coton
le coton a un quadrillage régulier, facilement reconnaissable, tout comme son toucher, doux mais “cotonneux”. Il a tendance à “feutrer” un peu à l’usage. Le tissage peut être très serré. Les fils sont fins mais assez rigides ou alors au contraire très mous.

    L’aptitude à reconnaître les différents types de tissus vient avec l’expérience. De plus mieux vaut aller tester son “toucher” régulièrement car de nouvelles techniques de fabrication apparaissent constamment sur le marché...


Élégantes femmes en soie, 1911. Photo Jacqueline W.
UTILISATIONS DE LA SOIE:
Bien sûr, il existe de nombreux vêtements et accessoires réalisés dans ce tissu: robes, vestes, jupes, pantalons, chaussettes, chaussures, chaussons, ceintures, lingerie, kimonos, rubans, barrettes, chouchous, pochettes, sacs...
Ce textile est aussi très agréable comme tissu d’ameublement pour les rideaux, voilages, coussins, tapis, draps, couette ou même dessus de lit.

AUTRES USAGES:
Pour fabriquer le “papier de soie”, on récupère diverses chutes de filature. Ce papier très fin et très agréable à manipuler permet de créer de jolis emballages colorés ou non, ainsi que des figurines selon la technique des origamis (art du pliage issu du Japon). Plus épais, il peut servir de support pour l'écriture ou la peinture, comme le tissu.
Les protéines de soie sont encore réduites en poudre pour les cosmétiques (soins pour les cheveux, la peau...).
La soie est également employée pour les cordes de certains instruments de musique...

ENTRETIEN:
La soie est solide mais délicate, aussi faut-il agir avec douceur!

Lavage:
En machine ou éventuellement à la main (et dans certains cas nettoyage à sec: couettes, robes de cérémonie, manteaux...), toujours selon les couleurs (bleu et/ou vert, jaune, orange, rouge, marron, noir, blanc, chacune séparément). S'ils n'ont pas de tache, placer les vêtements ou les coupons dans des filets (comme celui-ci: http://www.darjeeling.fr/pochon1x2cfg69950x2an), afin d'éviter que les parties métalliques internes du tambour n'accrochent (ou usent) la fibre. Employer une lessive bio (moins agressive) spéciale laine et soie. Pour ne pas "cuire" la soie, la laver à moins de 30°C, l'idéal se situant entre 20 et 25°C. Choisir le programme "soie" ou à défaut, "délicat".

Séchage:
Essorage 600 tours maximum. Utiliser ensuite un séchoir étendoir (pas la machine) et bien faire attention que les fils ne se prennent pas dans les extrémités des tiges du support.

Repassage:
Mettre le bouton du fer sur "soie" ou "synthétique", ainsi l'eau n'est pas trop chaude et la soie ne sera pas "brûlée". Vérifier qu'il y a assez d'eau. Mieux vaut passer souvent que de laisser trop longtemps le fer sur le tissu. Si vous n'êtes pas à l'aise, repassez sur l'envers, ça laisse moins de traces, ce qui d'ailleurs est indispensable pour le velours.

Taches:
Les éviter dans la mesure du possible, en étant "soigneux" (mais si, ça se cultive). Sinon:
Ne jamais laver à la machine ni même repasser une soie sale directement, sous peine de "fixer" les taches!! Procéder d'abord suivant cette méthode basique mais plutôt efficace:
1. rincer la tache à l'eau froide au plus vite (plus on attend, moins on a de chance de la voir partir). Peut venir à bout des salissures les plus légères. Si vous n'avez pas de lessive sous la main (au restaurant, à l'hôtel...), un savon peut dépanner... Dans le cas contraire:
2. c'est souvent une tache grasse et/ou organique (huile, nourriture...), donc mettre un peu de lessive dessus et frotter très doucement le tissu sur lui-même
3. rincer abondamment à l'eau tiède (moins de 30°C)
4. faire tremper l'ensemble du vêtement dans de l'eau tiède avec un peu de lessive pendant une heure.
5. rincer à nouveau, essorer un peu et glisser dans un filet, le tout dans la machine à laver.

Stockage:
Presque comme tout autre textile: endroit sec, à l'abri de la lumière et des nuisibles (insectes, rongeurs...). La soie se froissant et prenant facilement le pli, il est préférable de la ranger bien repassée dans le placard.

Note:
concernant le satin:
il ne faut jamais frotter le satin de soie car ses reflets trahiraient la moindre "maltraitance", laissant apparaître des traces blanchâtres aux endroits où on a insisté pour enlever une tache... En cas d'hésitation, mieux vaut dans ce cas confier le vêtement à un teinturier sûr et sérieux.
concernant la mousseline:
La mousseline a tendance à rétrécir au lavage! En effet, vous pouvez perdre entre 10 et 15% de la longueur du métrage initial. Il est donc important de prendre cet élément en compte lors de votre achat quel que soit votre projet et pour l'entretenir, de la laver à l'eau froide (moins de 20°C).

Crédits photographiques: Manunews et Jacqueline W.